Le Parisien

L'inscription à l'événement n'a pas encore commencé.



Le 9 octobre 2021 à 11h40


C’est lui qui le dit : à la grande loterie du handicap, Grégory Mouyen a gagné à tous les tirages et grattages de toutes sortes. « J’ai été victime d’un AVC à la naissance, dans le ventre de ma maman. Oui, ça arrive, sourit le Bordelais de 39 ans. Je suis paralysé du côté gauche depuis toujours. J’ai également un problème d’élocution. Parmi tous mes autres handicaps, je suis aussi épileptique. Mais tout ça n’est pas très grave : j’ai appris à vivre avec et je dirais même qu’aujourd’hui, je joue avec mon handicap. Je ne veux surtout pas qu’on me prenne en pitié. Je ne supporte pas qu’on dise de moi par exemple : Ah, c’est le coureur handicapé ! Non je suis Grégory, un coureur comme les autres. »

Comme les autres ? Non pas tout à fait parce que le Girondin qui travaille dans un centre d’appels, est un dingo de la course à pied. Ce dimanche 10 octobre au matin, au pied de la tour Eiffel, il prendra le départ des 20 km de Paris pour… la 18e fois. Il n’a raté aucune édition depuis 2005.

« J’ai même participé à la course connectée l’an dernier puisque la vraie avait été annulée à cause du Covid, confie-t-il. J’adore cette course parce qu’elle est accessible à tout le monde. C’est mieux que le 10 km pour l’effort physique, juste en dessous du semi-marathon qui est une barrière psychologique importante et bien évidemment, ça ne demande pas une préparation comme celle du marathon. C’est la distance idéale. »

11 000 coureurs attendus au départ

Ce dimanche, ils sont quelque 11 000 coureurs à penser comme lui et à s’élancer dans les rues de la capitale pour retrouver un peu du monde d’avant. C’est moins que pour une édition normale qui rassemble jusqu’à cinq fois plus de monde. Mais il est encore un peu tôt pour lancer 50 000 coureurs dans les rues de Paris.

« Pour ma part, je ne vais pas faire la distance en une heure comme les grands champions, raconte Grégory Mouyen. Je vais mettre deux heures, peut-être plus mais je m’en fous. Ça n’a aucune importance. À la fin, mon but est d’être un finisher et j’aurai la même médaille que le vainqueur. Peut-être pas sa prime mais la même médaille. »

Une breloque qu’il devra couper en deux car Grégory ne court pas seul : il a un guide qui l’accompagne pour éviter les pépins : « Ce guide est mon père, glisse-t-il. Ma famille a toujours couru et je n’ai pas pu faire autrement. J’ai attrapé le virus de la course à pied à 18 ans avec mes parents et depuis, je n’ai jamais été guéri. Et je ne veux pas l’être. »

Il prend même l’effort comme un médicament : « Mes médecins me disent que la course à pied peut être dangereuse pour moi mais je ne les écoute pas ! C’est même un soulagement : je n’ai jamais souffert de crise d’épilepsie quand je cours alors que j’en fais tout le temps dès que je ne fais rien. »

Paris - Bordeaux à pied

S’il affectionne particulièrement le 20 km, le Bordelais qui court 10 bornes chaque jour de l’année ne rechigne pas non plus à voir plus haut. Ultra-marathonien qui a participé au marathon des sables au Maroc et à des ultra-trails sur à peu près tous les continents, il prépare aussi un défi spécial : rallier Paris depuis Bordeaux à pied. Ce n’est pas juste un projet, c’est du concret puisque son périple aura lieu fin novembre du 14 au 27.

« C’est une idée à moi, pour promouvoir le handicap et montrer que même avec une déficience quelle qu’elle soit, on peut vivre normalement et courir comme les autres. Avec mes guides, je vais prendre les petites routes et rejoindre les deux villes en passant par Angoulême, Tours… » S’il a bien calculé son affaire, il devra courir environ 600 km à raison d’une cinquantaine de bornes par jour.

« À la base, je voulais arriver à l’Élysée pour marquer le coup mais on m’a fait comprendre que pour des raisons de sécurité, c’est compliqué, dit-il. Alors je pense que je vais finir devant le ministère. » Il devrait arriver sous les fenêtres de Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées qui parraine son initiative.

« Comme c’est mon idée, je serai seul dans cette aventure, note Grégory. Néanmoins, on m’a déjà prévenu que des enfants d’écoles, des associations, des clubs d’athlé sur la route vont m’accompagner pour faire un petit bout de chemin avec moi. Séverine Ferrer, l’ancienne animatrice de Fan de… qui est une amie proche va m’accompagner sur les premiers kilomètres. À la fin, on risque bien de se retrouver comme dans une scène de Forrest Gump quand tout le monde court derrière. Ça va être un chouette moment. »

 

Date et heure
samedi

9 octobre 2021

06:00 06:30 UTC
Lieu

Gregory Mouyen

33000 Bordeaux
France
greg_mouyen@hotmail.fr
Obtenez la direction
Organisé par

Gregory Mouyen

greg_mouyen@hotmail.fr