« Un marathonien pas comme les autres ».
C’est ainsi que je me présente sur la couverture  des trois livres que j’ai écrit 
et qu’on me désigne souvent dans les médias.
Cela mérite quelques  mots d’explication.

Figurez-vous qu’il m’est arrivé quelque chose d’assez rare, du moins pour un bébé : un  AVC. En règle générale cela concerne plutôt des adultes, et souvent des adultes d’un certain âge.  Pour ma part l’accident s’est produit au moment de ma naissance. Je suis donc né hémiplégique…  et épileptique pour faire bonne mesure. Ceux qui ne me connaissent pas pensent en général : «  Pauvre garçon ! Quelle malchance ! » Eh bien non ! Je considère cet événement plutôt comme une  chance.
Notre équipe
Odoo • Image et Texte
D’abord, parce que j’ai eu celle de naître dans une famille qui ne m’a jamais considéré  comme handicapé et qui ne m’a jamais limité dans mes activités, au contraire. J’ai toujours été  entouré de l’amour des miens mais jamais pris en charge et j’avais un modèle auquel j’avais envie  de ressembler : mon père, marathonien et même ultra marathonien. Aussi, à 18 ans, j’ai décidé de  lui emboîter le pas et de me mettre à la course à pied, malgré ma patte folle, un bras qui ne l’était  pas moins et des crises d’épilepsie qui survenaient surtout en cas d’effort intense.  


« Ce garçon est fou ! » ont dû penser ceux qui ne savent pas que « la force ne vient pas des  capacités physiques mais d’une volonté indicible ». Ce n’est pas de moi, mais de Gandhi et c’est  une phrase qui me parle. J’aime bien celle-là aussi, d’un philosophe qui a vécu il y a 2000 ans : « Ce  n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons  pas qu’elles semblent difficiles ». En tout cas, j’avais de la volonté à revendre.
Odoo • Texte et Image
Odoo • Texte et Image
Au lycée mon  professeur d’éducation physique m’a expliqué qu'en sport l'essentiel n'était pas d'être premier ou  dernier, c'était de participer à sa façon. J'ai donc porté tous mes efforts là-dessus. J’ai commencé  par trottiner et j'ai accumulé les kilomètres, patiemment, sans jamais me décourager, pour  développer mes capacités en endurance. Et je suis devenu… un véritable diesel. En 2005 je me suis  lancé. Mon père m'a proposé de participer avec lui aux 10 km d'Athènes et depuis je n’ai jamais  arrêté : 21 marathons, 11 ultra marathons et des centaines d’autres courses.  

Malheureusement mes recherches d’emploi ne connaissaient pas le même succès. On  voulait bien m’accepter pour des stages ou des petits boulots, pas plus. On me préférait toujours  une personne dite valide. Cela ne faisait pas mon affaire car il était hors de question que je sois à la  charge de la société. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’écrire mon premier livre pour raconter  mon histoire et montrer que j’étais capable de m’investir à fond et de mettre mon énergie au service  de l’entreprise qui m’accueillerait. Et ça a marché. 
Odoo • Texte et Image
Odoo • Image et Texte


Je travaille, je suis indépendant, j’ai ma place dans la société mais je ne veux pas m’arrêter  là et j’essaie de toutes mes forces de mettre la petite notoriété que j’ai acquise auprès des instances  sociales et politiques pour faire bouger les choses vis-à-vis des personnes en situation de handicap.  
J’ai aujourd’hui 38 ans j’ai couru plus de 3000 km sur quatre continents, j’ai publié trois  livres, je rencontre tous les jours des gens formidables.  

Alors comment pourrais-je considérer mon handicap comme une malchance ?